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Caubère joue Benedetto

Du 25 au 27 octobre 2012 à 20h30 – Tarif : 30€
Durée : 1h45

Il ne s’agira pas pour moi de lire ou réciter des textes d’André Benedetto, mais bien de l’incarner, l’imiter, le faire revivre ; par ses mots comme par le souvenir que je garde de lui, de ses gestes, postures, regards ; de sa voix ; de son accent si particulier, celui qu’il avait dans la vie, comme celui qu’il prenait pour jouer ; accent «corrigé» non pas comme il l’est par les bourgeois marseillais ou aixois pour se démarquer de celui du peuple mais à sa manière à lui, inspirée de ses grandes influences, Raimu, Préboist et autres «acteurs-sud » comme il les appelait, ou encore et aussi Vilar, Gérard Philipe ou Alain Cuny.
Voici le paradoxe : pour la jeune génération, André Benedetto est presque plus connu comme le président du Festival «Off» d’Avignon, titre sympathique mais tout de même anecdotique, qu’il fut un temps que comme l’immense poète, penseur, dramaturge qu’il sera pour toujours, et que le comédien et homme de théâtre exceptionnels qu’il était encore il y a deux ans, juste avant sa mort soudaine. Moi qui fus son disciple et son contemporain, je voudrais tenter de faire partager, à cette génération en particulier, l’émotion que je ressentis en 1969, j’avais 19 ans, lorsque je le vis apparaître sur la scène du Théâtre du Centre à Aix-en Provence, dirigé alors par Antoine Bourseiller. En compagnie de Jean-Marie Lamblard et Michel Hébrard, il y donnait Xerxès, extraordinaire adaptation des Perses d’Eschyle pour 3 blousons noirs. D’emblée, je fus frappé par sa beauté. Non pas un ange comme Gérard Philipe, ni un commandeur comme Vilar, c’était un démon. Aussi beau que Brando, auquel il ressemblait étrangement. Un Brando du midi, ce qu’on entendait dès qu’il levait la voix, – il jouait d’abord à voix basse, presque inaudible. Habité par la même sauvagerie, la même animalité, la même féminité, éclairé par la lumière d’une extrême et supérieure intelligence, il irradiait. Un être de pure poésie. Le jeune adorateur de la scène que j’étais ne pouvait que tomber – non pas amoureux, j’aimais plutôt les filles – mais en totale passion pour ce beau, ce vrai «monstre».

Philippe Caubère, juin 2011

Textes d’André BENEDETTO,
Adaptation et mise en scène : Philippe CAUBÈRE,
Guitare : Jérémy CAMPAGNE,

Lumière et son : Philippe Olivier dit « Luigi »,
Régisseur : Richard Véra,
Montage images : Nicolas Temple,
Photos d’André Benedetto : Francès Ashley et Jean-Marc Peytavin,
Affiche : David Caubère d’après un portrait d’Ernest Pignon,
Photos : Michèle Laurent

« Avec la passion, la générosité qu’on lui connait, Philippe Caubère fait revivre le poète André Benedetto… » Telerama

« Il n’y a que des bonnes raisons pour courir voir Caubère… » Le Pariscope

« «Urgent Crier» est à voir d’urgence !… » Paris Match

« Benedetto, un poète à redécouvrir… » Le Journal du dimanche

« Philippe Caubère interprète les textes d’André Bebedetto et rend un magnifique hommage à l’homme de théâtre «admiré» et «adoré». Un magistral exercice de piété filiale et artistique… » La Terasse

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